Hier soir, je suis allée voir et entendre Jean-Louis Trintignant dans le spectacle TROIS POÈTES LIBERTAIRES DU XXe SIÈCLE : PRÉVERT, VIAN, DESNOS, au théâtre Outremont, dans le cadre du Festival international de la littérature. Divine soirée! Si vous voulez écouter un extrait, cliquez
ici. C'est qu'il a 81 ans, ce monsieur Trintignant! Mais quelle présence, quelle voix chaude! Et quelle mémoire, malgré deux ou trois oublis qu'on lui pardonne aisément (j'aimerais bien, moi, avoir autant de mémoire que cet homme en a à 81 ans!).
© Alexandre Vernerey
Cela m'a rappelé (du moins, dans ma pauvre mémoire ...) que j'ai découvert la poésie grâce à Prévert. Je me souviens encore aujourd'hui de ce que j'éprouvais en lisant ses poèmes. Avec peu de mots on peut dire des choses
importantes. Avec des vers tout simples, on émeut les autres, on fait valser la langue française, on crée une musique pour les oreilles.
"... sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur." (Le cancre)
"Si l'oiseau ne chante pas
c'est
mauvais signe
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez
signer
alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et
vous écrivez votre nom dans un coin du tableau." (Pour faire le portrait d'un oiseau)
Des mots importants, quand on est adolescente.