mardi 9 juin 2015

À l'Île-du-Prince-Édouard, une communauté francophone engagée

La semaine dernière, j'ai participé à une tournée littéraire dans les écoles francophones de l'Île-du-Prince-Édouard. Cette tournée a été rendue possible grâce à l'initiative des bibliothèques publiques de l'Île-du-Prince-Édouard, de la Commission scolaire de la langue française et du Conseil des arts du Canada. C'est Lori MacAdam, coordinatrice des services de bibliothèque en français, qui était la maître d'oeuvre de cette tournée. Je la remercie encore pour cette belle occasion et pour tout le support qu'elle m'a apportée tout au long de la semaine. 

Allez lire l'historique des écoles francophones sur l'île ici. Des 60 écoles pour les Acadiens dans la première moitié du XXe siècle à l'Île-du-Prince-Édouard, il n'en restait qu'une à la fin des années 1970. Une seule! Il y en a maintenant six, réparties sur le territoire de l'île. Vous imaginez ce qu'il a fallu de détermination pour remonter la pente et ajouter ces cinq écoles? Pour sauvegarder la langue française là-bas? Pour faire passer la Loi sur les services en français en 2013?

Parce que les francophones de l'île tiennent non seulement à assurer une éducation en français à leurs enfants, mais aussi à leur fournir un espace culturel en français. Depuis deux ans, une équipe de gens du Ministère de l'éducation et de la petite enfance, de la Commission scolaire francophone, des bibliothèques publiques, entre autres, organisent un salon du livre uniquement francophone. Dans le cadre de ce salon, de nombreuses animations sont organisées, particulièrement auprès de la clientèle scolaire: écoles francophones et écoles en immersion.

Du 4 au 7 juin s'est donc tenu le 2e Salon du livre de l'Î.-P.-É. De nombreux bénévoles ont fait en sorte qu'un tel salon du livre puisse accueillir de nombreux auteurs du Québec. Ils ont assuré notre transport, notre confort et nous ont font sentir, chacun de nous, importants. Quel plaisir de discuter avec eux le temps d'un trajet en voiture! Un Québécois qui a suivi son amoureuse à l'île, un natif de la Nouvelle-Écosse ou du Nouveau-Brunswick qui est venu s'établir à l'île pour son travail, une native de l'île qui y vit toujours avec son mari Français. Des gens dont la ferveur à préserver le français dans les Maritimes est admirable. Merci à Diane, Gloria, Hervé, Jean (prononcer "Gene"), Denis, Aline, Josée, et tant d'autres - j'aimerais me souvenir de tous les noms!  

Au cours de mon séjour là-bas, j'ai eu l'impression que les francophones étaient partout. Pourtant, ils ne sont pas si nombreux. Des 138 435 habitants de l'île en 2011, 5 195 étaient de langue française (langue maternelle et langue parlée le plus souvent à la maison), soit 3,8 % de la population totale de cette province. Voir ici les données du recensement de 2011. 

Pendant cette semaine, entre deux rencontres scolaires ou deux séances de signature, nous les auteurs avions parfois le temps de profiter la beauté de l'île, de son air salin apaisant, de ses mets délicieux, de rencontres inoubliables. Et comme pour ma part j'ai parcouru plusieurs régions de l'île et que j'aime prendre des photos, en voici un aperçu:

Admirer la cour d'une école
La cour de l'école Saint-Augustin, à Rustico


Entre deux écoles:
Visiter une usine de laine - MacAusland's Woollen Mills - où on reçoit la laine à peine tondue, l'odeur en est témoin... On y fabrique des couvertures, des bas, des mitaines et des... balles de laine.
Capter une oie en plein vol (dans le bas de la photo)

Faire une promenade à North Rustico grâce à ma charmante accompagnatrice, Lori MacAdam

Faire une ballade dans Charlottetown en fin de journée
 
Les feuilles des arbres à peine ouvertes
 S'emplir la vue des tulipes toutes écloses. L'impression d'avoir eu deux printemps cette année.
Manger du homard

Manger du homard en excellente compagnie
Le reste ne se raconte pas. Il se vit. Comme l'a si bien dit Simon de Jocas, éditeur aux 400 coups: "Ce qui se passe à l'île reste à l'île."
Longue vie au Salon du livre de l'Île-du-Prince-Édouard. Longue vie à notre belle langue française, défendue avec ardeur par des communautés engagées.

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